Pèlerinage diocésain en Terre Sainte

Nous étions 6 personnes des paroisses de Bures, Chevry, Orsay à participer au  pèlerinage diocésain en Terre Sainte du 19 au 27 Octobre :
"Où demeures-tu ? Venez et vous verrez" Jean 1, 38-39

 

Qu'avons-nous fait ?

Avec un groupe de 31 personnes du diocèse, nous sommes partis sur la Terre de Jésus, en marchant d’abord dans le désert de pierre, là où le peuple hébreu a erré pendant une quarantaine d’années puis vers les grottes où plus de 800 manuscrits des livres de la Bible ont été retrouvés. Nous avons vu les lieux de l’Annonciation à Nazareth ; de la Nativité à Bethléem ;  du baptême de Jésus sur le Jourdain ; de sa vie en Galilée avec autour du lac de Tibériade les traces de son enseignement, de ses miracles, de ses prières. A Jérusalem, nous avons suivi le chemin de sa détresse, jusqu’au Golgotha et jusqu’à sa tombe ; nous avons pu prier au Mur des Lamentations et parcourir l’esplanade des Mosquées pour sentir l’importance de cette ville sainte pour les 3 religions. Notre voyage s’est terminé par Abu Gosh, lieu supposé d’Emmaüs.


                               Mont des Béatitudes                                                                       Jérusalem

Nos journées étaient rythmées par des temps de prière, le parcours des lieux avec d’abord une explication du contexte historique puis une lecture de la Bible, la messe, des rencontres avec des témoins, et des temps d’échange convivial dans le groupe.

Qu'ai-je vécu ?

Je suis partie, ouverte à la découverte, confiante, avec l’envie de rencontrer Jésus, espérant des surprises, et aussi porteuse de prières pour des proches qui souffrent. J’ai été comblée, ce fut très dense, et je suis encore à digérer tous ces moments très riches.
Difficile de tout décrire, alors je voudrais revenir plus spécialement sur quelques temps forts : 

Le renouvellement de mon baptême au Jourdain : à Qasr El Yahud, lieu supposé du baptême de Jésus, je me suis demandée ce que Jésus avait ressenti là. Dans le calme de la nature verdoyante, tôt le matin, j’ai éprouvé une joie profonde d’avoir pu  être touchée par Dieu toute petite. J’ai senti le désir, le besoin d’être lavée par cette eau remise dans mes mains par Père Luc, de la mettre sur mon cœur, et de m’en m’abreuver. Je voulais que cet instant se prolonge. Ce fut pour moi le "vrai" départ de ce pèlerinage. 


                  Le Jourdain                                           Le lac de Tibériade                                       Dalmanutha

Au lac de Tibériade : au cours de la traversée du lac, lorsque les moteurs se sont arrêtés, le silence et la douceur, l’absence de tempête, m’ont fait goûté la paix et la confiance, comme lorsque Jésus était avec ses disciples dans la barque. A Dalmanutha sur le bord du lac, non loin du lieu de la multiplication des pains, la messe en plein air dans la verdure a renforcé cette grande faim d’eucharistie qui m’habite. 

La bénédiction à Cana : quelle joie que de pouvoir recevoir la bénédiction pour notre couple et de pouvoir confier à la prière nos enfants et parents qui nous ont accompagnés sur le chemin vers Dieu. Et quelle émotion d’entendre ce qui est partagé en simplicité et en confiance par des membres du groupe.

La rencontre avec la responsable du foyer « La Crèche de la Sainte Famille» de Bethléem : un instant d’immense émotion et d’impuissance quand je réalise le non avenir des enfants qui naissent ici, abandonnés par leur mère en détresse ; quand je vois l’amour qui leur est donné par le personnel  du foyer, mais aussi l’amour qui leur manque. Et aussi un sentiment de tristesse, quand je comprends chiffres à l’appui la fragilité de la présence chrétienne.

Le parcours du chemin de Croix sur la via Dolorosa jusqu’au Saint Sépulcre : quelle chance qu’il ait plu ! Nous avons pu en l’absence de grande foule, prendre du temps à chaque station : j’ai pu m’imprégner de la Parole, voir la montée de Jésus, sentir les tensions du peuple et les émotions de Jésus souffrant, et faire mienne la prière commune. Alors j’ai pu m’incliner, recueillie, sur le lieu de sa tombe, face à son absence réelle, signe de sa résurrection.

La prière au Mur des Lamentations : toucher ce mur de mes mains donne de l’intensité à la prière pour mes collègues de travail juif et musulman touchés par une épreuve récente, et permet de croire que oui, c’est nécessaire et ça vaut le coup de prier pour la paix !

La rencontre et la messe à Abu Gosh : un havre de verdure dans un monastère catholique en terre juive dans un village arabe musulman, où après le témoignage de Frère Olivier on peut croire que la paix est possible. La dernière messe avec le texte des pèlerins d’Emmaüs et l’homélie de Père Luc m’interpellent : l’expérience de la rencontre avec le Ressuscité n’est pas évidente, il faut accepter qu’il soit insaisissable, il faut être ouvert aux surprises. Les pèlerins d’Emmaüs font demi-tour, signe de leur conversion ; quel est mon demi-tour ? Ils deviennent missionnaires, car après avoir fait l’expérience du Ressuscité, ils ne peuvent la garder pour eux ; quelle est ma mission, à ma mesure ?

Et maintenant ?

Je suis revenue avec cette conviction encore plus forte que Jésus a vraiment été un homme parmi les hommes : qu’il a vécu là, qu’il a grandi comme nous, qu’il a connu des joies, des colères, des hésitations, des incompréhensions, des conflits, des larmes, de la détresse, des consolations, qu’il a aimé son Père. Je ressens davantage comme cela a pu être difficile pour lui de s’opposer aux hommes de son temps pour arriver à transmettre le message d’amour de son Père. 

Je suis revenue avec cette envie de relire et d’approfondir les textes de l’Evangile. J’avais lu avant de partir Saint Mathieu et je commence maintenant Saint Luc : une façon de continuer à sentir cette terre où Jésus a vécu, à ressentir sa présence, à entendre sa Parole.

Je suis revenue avec un nouveau regard sur cette région qui souffre, tendue et divisée comme au temps de Jésus, et avec une incitation à prier sans relâche, quotidiennement pour la paix. 

Je suis revenue accompagnée de Jésus, non seulement sur les routes de Palestine, mais bien présent sur les routes du diocèse d’Evry.

Je rends grâce pour tout ce qu’il m’a donné pendant ce périple, que le Seigneur m’aide à faire fructifier et partager les grâces reçues, et à discerner mon chemin de mission.

Merci à tous les pèlerins du groupe pour leur fraternité, leurs sourires, leurs paroles, leurs témoignages  et leurs prières.
Merci à Françoise, notre directrice de pèlerinage, pour l’organisation impeccable et son attention permanente.
Merci à Père Guy de nous avoir mis en mouvement, de nous avoir envoyés vers ce déplacement intérieur, et de nous avoir accompagnés par la prière et la pensée.
Merci à Père Luc d’avoir relevé le défi pour remplacer Père Guy quelques jours avant le départ, d’avoir partagé notre découverte, de nous avoir éclairés sur les textes, de nous avoir accompagnés spirituellement avec confiance et force lors de ses homélies ou sur le chemin.

                                                                                                                                             Marie